Entreprises · Propriété intellectuelle
Détective privé et enquête contrefaçon
Identifier un réseau de contrefacteurs, tracer une filière marketplace, réaliser un achat de contrôle sur un point de vente, cartographier une chaîne logistique : le réseau Allarys conduit l’enquête en amont de la saisie-contrefaçon, en appui de votre cabinet d’avocats en propriété intellectuelle et du commissaire de justice. Une prestation pour les entreprises, les cabinets PI et les directions juridiques.
Réponses immédiates
Enquête contrefaçon : les questions à se poser
| Qu’est-ce qu’une enquête contrefaçon ? | L’investigation qui documente les acteurs et la filière d’une atteinte à un droit de propriété intellectuelle protégé. |
|---|---|
| À quoi sert-elle avant la saisie-contrefaçon ? | À fournir au juge le faisceau d’indices sans lequel il n’autorise pas une mesure aussi intrusive. |
| Qui exécute la saisie-contrefaçon ? | Le commissaire de justice, sur ordonnance ; le détective enquête en amont pour la rendre utile. |
| L’achat de contrôle oblige-t-il à décliner son identité ? | Non : l’enquêteur recueille des informations sans faire état de sa qualité, mais sans usurpation ni incitation. |
| Sur quels canaux intervenez-vous ? | Marketplaces, sites miroirs, boutiques, marchés et filières logistiques, en France comme à l’échelle européenne et internationale. |
Cadre juridique
La lutte anti-contrefaçon et l’enquête privée
La contrefaçon est une atteinte à un droit de propriété intellectuelle : marque ou dessin et modèle déposés, brevet, droit d’auteur — protégé sans formalité de dépôt pour les œuvres, logiciels et bases de données. Elle est sanctionnée au civil par la responsabilité du contrefacteur et au pénal : la contrefaçon de marque est punie de quatre ans d’emprisonnement et 400 000 € d’amende (article L. 716-9 du Code de la propriété intellectuelle) ou de trois ans et 300 000 € (article L. 716-10), peines portées à cinq ans et 500 000 € en bande organisée ou lorsque les marchandises présentent un danger pour la santé ou la sécurité du consommateur. En matière de propriété intellectuelle, la contrefaçon peut être prouvée par tous moyens : le rapport d’une enquête privée contribue à l’administration de cette preuve. La saisie-contrefaçon — description détaillée ou saisie réelle des produits et des documents s’y rapportant — est régie, selon le titre atteint, par les articles L. 716-4-7 (marques), L. 615-5 (brevets), L. 521-4 (dessins et modèles), L. 332-1 (droit d’auteur) et L. 332-4 (logiciels et bases de données) du Code de la propriété intellectuelle ; mesure exorbitante, elle est autorisée par le juge sur requête et exécutée par le commissaire de justice. Le juge l’accorde d’autant plus volontiers que la requête est étayée : la directive européenne de 2004 à l’origine de cette procédure exige déjà des éléments de preuve raisonnablement accessibles, et les juridictions n’autorisent pas une mesure aussi grave sur de simples allégations. Le détective privé intervient en amont, dans le cadre déontologique fixé par le Code de la sécurité intérieure : il recueille le faisceau d’indices vérifiables qui rend la requête recevable, sa mission étant définie par un contrat conforme à l’article R. 631-30 du même code et couverte par le secret professionnel (article 226-13 du Code pénal).
Sécurité intérieure · Activité d’enquête
Article L. 621-1
Définit l’activité d’agent de recherches privées : recueillir, pour la défense des intérêts d’un tiers, des informations sans faire état de sa qualité ni révéler l’objet de la mission.
Consulter sur LégifranceSécurité intérieure · Contrat de mission
Article R. 631-30
Encadre le contrat de prestation : objet, périmètre, cadre juridique et honoraires, dans une obligation de moyens.
Consulter sur LégifranceCode civil · Responsabilité
Article 1240
Fonde la responsabilité civile : lorsque l’atteinte sort du champ de la propriété intellectuelle, le parasitisme et le dénigrement relèvent de la concurrence déloyale.
Consulter sur LégifranceJurisprudence
Le constat d’achat, clarifié en 2025
Cour de cassation · Constat d’achat
Chambre mixte, 12 mai 2025, n° 22-20.739
Par un revirement, la Cour de cassation juge que l’absence de garanties suffisantes d’indépendance du tiers acheteur à l’égard du requérant n’entraîne pas, à elle seule, la nullité du constat d’achat : il revient au juge d’apprécier si ce défaut d’indépendance affecte la valeur probante du constat. L’arrêt distingue le constat d’achat de la saisie-contrefaçon et renvoie au juge du fond l’appréciation de la preuve.
Décision
Quand missionner un détective privé
L’enquête privée a son utilité lorsque les éléments dont dispose le titulaire ne suffisent pas à fonder une requête en saisie, une plainte ou un référé. D’autres signaux relèvent d’une mission voisine.
L’enquête est pertinente si…
- Des clients signalent un produit ressemblant vendu sous un autre nom, à un prix inhabituel, dans un canal inattendu.
- Une retenue douanière — dont le délai n’est que de dix jours — ou une notification de marketplace appelle à remonter vers la source de la filière ; une demande d’intervention déposée auprès de la DNRED gagne à s’appuyer sur une enquête préalable.
- Une veille interne repère des annonces suspectes sur une plateforme e-commerce et il faut cartographier les vendeurs liés.
- Un recul inexpliqué du chiffre d’affaires sur une zone ou une catégorie évoque une atteinte organisée.
- Vous soupçonnez un fournisseur ou un sous-traitant de produire des copies, ou de surproduire vos références hors contrat.
La situation relève d’un autre cadre si…
- L’atteinte sort du champ de la propriété intellectuelle (parasitisme, dénigrement) : c’est la concurrence déloyale.
- Il faut d’abord vérifier l’existence et la solidité d’un concurrent inconnu : c’est une enquête de solvabilité.
- La fuite de design ou de code vient d’un ancien salarié : c’est une enquête interne, sur le terrain du secret des affaires.
Ce que l’enquête établit
Des éléments vérifiables et opposables
L’enquête vise à transformer un soupçon en faisceau d’indices exploitable par votre conseil. Elle distingue toujours les faits avérés des signaux faibles et des hypothèses.
- L’identification des acteurs de l’atteinte : producteurs, importateurs, distributeurs et revendeurs.
- La cartographie de la filière de production, de stockage et de distribution.
- Les captations horodatées des annonces, pages et publications accessibles au public, y compris des contrefaçons dissimulées derrière des annonces d’apparence légale (« liens cachés »).
- Le produit d’achat de contrôle mis sous scellé, avec sa facture et ses supports d’expédition conservés.
- La vérification documentaire des sociétés via les registres français et étrangers (Infogreffe, BODACC, RCS, registres internationaux).
- Le recueil de témoignages et d’attestations auprès de tiers identifiés, dans le respect du cadre légal.
- La cartographie des comptes vendeurs liés sur les marketplaces et des noms de domaine des sites miroirs.
- La traçabilité des flux de paiement et d’expédition, déterminante quand les envois sont morcelés et adressés directement au client final, sans stockage en France.
Chaque constat est daté, sourcé et rattaché à une pièce, de sorte que le rapport puisse être intégré directement à la requête en saisie-contrefaçon ou à une plainte, et résister à la contradiction devant le juge civil comme pénal.
Champ d’investigation
La méthode du détective privé, en sources ouvertes et sur le terrain
L’investigation combine deux registres complémentaires, calibrés selon la nature du droit atteint et le canal de distribution emprunté par le contrefacteur.
Sources ouvertes et veille plateformes
- Recensement des annonces sur les marketplaces et cartographie des comptes vendeurs liés.
- Analyse des noms de domaine et des hébergeurs des sites miroirs, captation horodatée des pages avant suppression.
- Vérification documentaire des sociétés via les registres officiels, français et étrangers.
Achat de contrôle et terrain
- Achat de contrôle en ligne ou en boutique, mise sous scellé du produit, photographie horodatée, conservation de la facture.
- Tiers de confiance de proximité : lorsque le titulaire ne dispose pas d’effectifs sur la zone à contrôler, le maillage national réalise l’achat au plus près du point de vente.
- Surveillance et filature en environnement public pour cartographier les lieux de stockage et les flux logistiques.
- Comparaison physique du produit acheté avec l’authentique, le cas échéant avec l’appui d’un expert externe.
Tous ces actes sont conduits en lieu ouvert au public ou en environnement numérique librement consultable, sans intrusion dans un local privé : la saisie-contrefaçon, mesure exorbitante, relève exclusivement du commissaire de justice sur ordonnance. L’achat de contrôle est réalisé dans les conditions normalement offertes au public, sans incitation à commettre l’infraction, sans usurpation de qualité ni manœuvre déloyale. Le traitement des données repose sur l’intérêt légitime du titulaire de droits (RGPD), limité à ce qui est strictement nécessaire à la qualification de l’atteinte, dans le respect du secret des affaires de la cible étranger au litige. Les filières de contrefaçon étant souvent transnationales — production, transport et vente répartis sur plusieurs pays —, le réseau coordonne ses investigations avec ses partenaires européens et articule, le cas échéant, ses constats avec une demande d’intervention douanière.
Notre méthode
Cinq étapes pour rendre la saisie-contrefaçon utile
Une séquence stricte qui sécurise la mission, la collecte et la valeur probante du rapport, avec un point d’arbitrage avec vous et votre conseil à chaque étape.
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Cadrage et analyse des droits
Vérification des titres déposés à l’INPI, à l’OEB ou à l’OMPI pour les marques, brevets, dessins et modèles ; analyse de l’antériorité pour les œuvres protégées par le droit d’auteur ; cartographie des cibles, dimension territoriale et procédurale, estimation du budget, puis contrat de mission conforme à l’article R. 631-30 du Code de la sécurité intérieure.
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Investigation en sources ouvertes
Recensement des annonces, cartographie des vendeurs liés, captation horodatée des pages, analyse des noms de domaine et des hébergeurs, vérification documentaire des sociétés. Constitution du faisceau d’indices initial.
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Achat de contrôle et terrain
Achat de contrôle en ligne ou en boutique, sans révéler la qualité d’enquêteur ni l’objet de la mission, dans les limites de l’article L. 621-1 du Code de la sécurité intérieure et sans manœuvre déloyale. Mise sous scellé, photographie horodatée, conservation des supports ; surveillance des lieux de stockage et des flux logistiques.
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Recoupement et analyse comparée
Comparaison physique du produit acheté avec l’authentique, appui technique d’un expert externe le cas échéant, recoupement des sources, identification du responsable opérationnel et du décideur, qualification juridique préliminaire de l’atteinte.
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Rapport calibré pour la saisie-contrefaçon
Rapport circonstancié structuré pour une production judiciaire : finalité, méthode, sources, constats datés, pièces annexées numérotées. Trame conçue pour être intégrée à la requête présentée par l’avocat au président du tribunal judiciaire compétent, avec restitution orale si nécessaire.
Le rapport
Un livrable calibré pour le contentieux PI
À l’issue de la mission, vous recevez un document structuré pour une production judiciaire. Le détective privé est tenu à une confidentialité renforcée (article R. 631-9 du Code de la sécurité intérieure) et au secret professionnel (article 226-13 du Code pénal) ; le formalisme du contrat et du rapport relève de l’article R. 631-30 du même code.
Ce que vous recevez
- Un rapport circonstancié daté et signé, calibré pour intégration directe à la requête en saisie-contrefaçon.
- Une chronologie reconstituée distinguant faits avérés, signaux faibles et hypothèses.
- La cartographie des acteurs : producteurs, importateurs, distributeurs, revendeurs.
- Les captations horodatées des annonces, pages et publications publiques.
- Des éléments documentant l’ampleur de l’atteinte — volumes constatés, prix pratiqués, nombre de points de vente — utiles à l’évaluation du préjudice par votre conseil.
- Le produit d’achat de contrôle sous scellé, avec facture et supports d’expédition conservés.
- Un briefing oral avec votre avocat en propriété intellectuelle à la remise.
Configurations représentatives
Des dossiers que nous traitons régulièrement
Exemples reconstitués à des fins d’illustration et anonymisés : noms, dates, lieux et détails ont été modifiés. Ils éclairent les configurations les plus fréquentes.
001
Contrefaçon de marque sur marketplace
Vente non autorisée de produits revêtus d’une marque protégée sur des plateformes grand public. Identification du vendeur, traçabilité de l’expéditeur, captation horodatée des annonces, achat de contrôle pour analyse comparée avec le produit authentique.
Comptes vendeurs liés cartographiés — requête en saisie documentée.
002
Produits physiques de luxe et de mode
Distribution de copies de maroquinerie, accessoires, montres ou parfums sur les marchés, dans des boutiques opportunistes ou via des réseaux de revente. Repérage des points de vente, achats de contrôle multiples, remontée vers les grossistes et les lieux de stockage.
Filière logistique reconstituée — preuve calibrée pour la saisie.
003
Brevet, logiciel ou site miroir
Produit reproduisant un procédé breveté, logiciel intégrant des modules protégés, ou site usurpant l’identité visuelle d’une marque. Vérification des dépôts, analyse comparée des fonctionnalités, cartographie des noms de domaine, des hébergeurs et des flux de paiement.
Responsable opérationnel identifié — dossier transmis à l’avocat PI.
À éviter
Les erreurs qui fragilisent la procédure
Solliciter une saisie sans faisceau d’indices
Le juge n’autorise pas une mesure aussi intrusive sur de simples affirmations. Une requête non étayée par un minimum de pièces est exposée à l’échec ; l’enquête préalable lui donne sa portée. La saisie-contrefaçon contraint en outre à engager l’action au fond dans un délai bref, à peine de nullité : mieux vaut un dossier déjà solide.
Réaliser un achat de contrôle non tracé
Sans mise sous scellé, photographie horodatée ni conservation de la facture et des supports d’expédition, l’achat perd sa valeur probante. La traçabilité conditionne l’exploitation du produit.
Inciter le vendeur à commettre l’infraction
L’achat doit se faire dans les conditions normalement offertes au public. Une incitation, une usurpation de qualité ou une manœuvre déloyale compromet la loyauté de la preuve et son admission.
Confondre contrefaçon et concurrence déloyale
La contrefaçon sanctionne une atteinte à un droit protégé ; le parasitisme et le dénigrement hors champ relèvent de la concurrence déloyale. Mal qualifier l’atteinte oriente vers la mauvaise procédure.
Attendre et laisser courir la prescription
L’action en contrefaçon se prescrit ; agir tard, c’est risquer l’extinction du droit d’agir. La réaction aux premiers signaux préserve les options procédurales.
Préparer la mission
Avant de nous contacter, réunissez ces éléments
Quelques éléments préparés en amont permettent de juger la faisabilité de l’enquête, d’estimer le budget et de calibrer le rapport sur le calendrier procédural de votre avocat.
- Les titres en causeMarque, brevet, dessin ou modèle déposés (INPI, OEB, OMPI), ou chaîne de droits pour une œuvre.
- Les éléments repérésAnnonces, produits, points de vente ou sites suspects déjà identifiés.
- Le canal d’atteinteMarketplace, site miroir, boutique physique, marché, dropshipping.
- La dimension géographiqueNationale, européenne ou internationale, pour orienter les relais du réseau.
- Votre conseilLe cabinet d’avocats en propriété intellectuelle et les jalons procéduraux visés.
- L’objectifSaisie-contrefaçon, retenue douanière, action au fond ou plainte pénale.
Tarifs indicatifs
Combien coûte une enquête contrefaçon
La tarification s’adapte à la complexité réelle de l’investigation. Un forfait de cadrage couvre la phase d’analyse des droits et de qualification ; au-delà, l’enquête est établie sur devis, sur la base d’un taux horaire de référence transparent.
Comment se construit le budget
- Forfait de cadrage 1 000 € HT : analyse des titres déposés, cartographie des cibles, vérification documentaire et estimation de la mission complète.
- Investigation sur devis : taux horaire de référence pour les honoraires de terrain et de recherche en sources ouvertes, appliqué de façon uniforme sur le dossier.
- Achat de contrôle : coût des produits remboursé en sus, frais de déplacement et de port au réel sur justificatifs.
- Surveillance ou filature ciblée : devis spécifique selon l’ampleur, la durée et la zone géographique.
Pour les cabinets d’avocats en propriété intellectuelle, les directions juridiques et les titulaires de portefeuilles de marques, un accord-cadre annuel est disponible : tarification dégressive sur volume, point de contact unique et restitution consolidée.
Réseau
Une couverture nationale et internationale
Le réseau Allarys couvre l’ensemble du territoire et mobilise, pour les filières multi-régions ou internationales, ses cabinets et ses partenaires européens. Choisissez votre région pour découvrir les agences qui interviennent près de chez vous.
Passer à l’action
Préparez la saisie-contrefaçon avec un rapport calibré
Présentez votre situation à votre conseil et à notre cabinet. Nous vous indiquons si une enquête est juridiquement réalisable, exploitable au regard de la saisie-contrefaçon ou de la voie pénale, et avec quel budget. Aucun engagement avant signature du devis.
Questions fréquentes
Vos questions sur l’enquête contrefaçon
Les réponses aux interrogations les plus courantes des cabinets d’avocats en propriété intellectuelle, des directions juridiques et des titulaires de droits avant le lancement d’une mission.
Le rapport du détective est-il recevable en matière de contrefaçon ?
Le rapport est établi dans le cadre de l’activité d’enquête privée encadrée par l’article L. 621-1 du Code de la sécurité intérieure, après signature d’un contrat de mission conforme à l’article R. 631-30. Sa valeur probante dépend ensuite de la licéité, de la loyauté et de la proportionnalité des investigations. En matière de propriété intellectuelle, la contrefaçon peut être prouvée par tous moyens : le rapport est exploitable devant les juridictions civiles spécialisées comme devant les juridictions pénales lorsque cette voie est choisie. L’admission concrète de chaque rapport relève en dernier ressort de l’appréciation souveraine du juge du fond, conformément à la jurisprudence de la Cour de cassation sur la recevabilité de la preuve.
L’achat de contrôle est-il légal ?
Oui, lorsqu’il est effectué en lieu ouvert au public — boutique, marché, plateforme en ligne accessible — dans le cadre de l’article L. 621-1 du Code de la sécurité intérieure, qui autorise l’enquêteur à recueillir des informations sans faire état de sa qualité ni révéler l’objet de sa mission. Ce texte n’autorise pas pour autant l’usurpation d’une qualité protégée, l’incitation à commettre l’infraction ni la manœuvre déloyale. L’achat doit être tracé : produit mis sous scellé, photographie horodatée, conservation de la facture et des supports d’expédition. Lorsqu’un constat d’achat est réalisé par un commissaire de justice, le détective peut intervenir comme tiers acheteur — depuis le revirement de la Cour de cassation du 12 mai 2025 (chambre mixte, n° 22-20.739) — à condition que son rôle soit transparent, limité et mentionné au procès-verbal ; l’indépendance du commissaire de justice reste le pivot, et la valeur probante est appréciée par le juge.
Quelle différence entre saisie-contrefaçon et saisie-description ?
Les deux mesures relèvent du même cadre procédural, régi selon le titre par les articles L. 716-4-7, L. 615-5, L. 521-4, L. 332-1 et L. 332-4 du Code de la propriété intellectuelle, et sont autorisées sur ordonnance rendue sur requête, de manière non contradictoire pour préserver l’effet de surprise. La saisie réelle permet au commissaire de justice d’emporter physiquement les produits prétendus contrefaisants et tout document associé. La description détaillée, parfois avec prélèvement d’échantillons, se limite à constater l’existence et les caractéristiques des produits sans les retirer. Le choix entre les deux dépend de la stratégie contentieuse retenue par votre avocat. Dans les deux cas, le rapport d’enquête préalable rend la mesure utile en fournissant au juge le faisceau d’indices vérifiables qu’il exige avant d’autoriser une intrusion chez la cible.
Comment s’articulent le détective, l’avocat et le commissaire de justice ?
Chacun intervient dans son périmètre. Le détective privé conduit l’investigation en amont : recherche en sources ouvertes, achat de contrôle, cartographie de la filière, rédaction d’un rapport circonstancié. L’avocat en propriété intellectuelle fixe la stratégie et les jalons procéduraux — requête en saisie, référé probatoire, plainte — et présente la requête au président du tribunal judiciaire. Le commissaire de justice exécute la saisie-contrefaçon sur ordonnance, en pénétrant le cas échéant dans les locaux de la cible. L’enquête adapte la profondeur et la cadence du rapport au calendrier de l’avocat ; le rapport rend la mesure de saisie utile. Cette articulation triangulaire est la condition d’une procédure solide.
Contrefaçon ou concurrence déloyale : quelle différence ?
La contrefaçon sanctionne une atteinte à un droit de propriété intellectuelle protégé : marque, brevet, dessin ou modèle, droit d’auteur, logiciel. La concurrence déloyale, fondée sur l’article 1240 du Code civil, sanctionne le parasitisme, le débauchage ou le dénigrement, hors du champ de la propriété intellectuelle. Les deux peuvent se chevaucher — une même affaire mêle parfois contrefaçon d’un titre et parasitisme sur des éléments non protégés — mais elles obéissent à des régimes et à des preuves distincts. Mal qualifier l’atteinte oriente vers la mauvaise procédure ; le cadrage initial sert précisément à trancher. Lorsque l’atteinte sort du champ de la propriété intellectuelle, la mission relève de l’enquête en concurrence déloyale.
Quel est le délai pour agir en contrefaçon ?
L’action civile en contrefaçon se prescrit par cinq ans à compter du jour où le titulaire du droit a connu ou aurait dû connaître le dernier fait lui permettant de l’exercer (article L. 716-4-2 du Code de la propriété intellectuelle pour les marques, régime parallèle pour les autres titres). Au pénal, le délai de prescription des délits est plus long. La connaissance précoce d’une atteinte impose donc une réaction rapide : plus l’enquête est mobilisée tôt, mieux les droits d’agir sont préservés et plus la filière est documentée avant qu’elle ne se réorganise ou que les annonces ne disparaissent. C’est l’une des raisons pour lesquelles les titulaires sollicitent une enquête dès les premiers signaux, sans attendre que le dossier soit complet. Votre avocat confirmera le point de départ exact de la prescription applicable à votre situation.
Intervenez-vous à l’international et sur les marketplaces ?
Oui. Les marketplaces et les sites miroirs sont au cœur des filières actuelles : une cellule de veille recense les annonces, cartographie les comptes vendeurs liés, identifie les hébergeurs et trace les flux de paiement et d’expédition, avec captation horodatée des pages avant leur suppression. Les envois étant souvent morcelés et expédiés directement au client final sans stockage en France, l’enquête cible aussi les flux financiers, parfois plus parlants que les flux physiques. Pour les filières multi-régions ou transfrontalières, le réseau national Allarys et ses partenaires européens permettent de remonter une chaîne logistique au-delà des frontières, avec restitution en français et note de synthèse en anglais à la demande. L’articulation avec les services douaniers est également possible lorsqu’une demande d’intervention a été déposée auprès de la DNRED, dont la retenue ne dure que dix jours et impose une réaction immédiate. Le périmètre exact est arrêté au cadrage, en fonction des titres en cause et de la dimension géographique de l’atteinte.
Combien coûte une enquête contrefaçon ?
Le budget dépend de la nature du droit atteint, du canal de distribution et de la dimension géographique de la filière. Un forfait de cadrage, fixé à 1 000 € HT, couvre l’analyse des titres déposés, la cartographie des cibles et la vérification documentaire des sociétés ; au-delà, l’enquête est établie sur devis, sur la base d’un taux horaire de référence transparent appliqué uniformément au dossier. Les achats de contrôle sont remboursés en sus, les frais de déplacement et de port facturés au réel. Les honoraires du commissaire de justice et les frais d’expédition restent hors périmètre. Pour les cabinets d’avocats en propriété intellectuelle et les titulaires de portefeuilles de marques, un accord-cadre annuel à tarification dégressive est disponible.